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17 août 2011

Au cours de l’histoire, l’écrivain public a assuré de nombreuses fonctions : chargé de transcrire des textes certes, mais aussi de transmettre une mémoire et une communication de qualité. Actuellement, le rôle de ce professionnel demeure, hélas, relativement méconnu. Il a pourtant jalonné tous les fronts des sociétés avec écriture, à commencer par son illustre « aïeul » : le scribe égyptien.

 

Le scribe accroupi (vers 2500-2350 av. JC.) Paris, Musée du Louvre
 
Les scribes de l’Égypte ancienne constituaient en effet une caste de lettrés et le bon fonctionnement de l’État reposait sur leur calame. Recrutés au départ parmi quelques privilégiés formés dans l’entourage de la famille royale, ils constituent, à la fin de l’ancien Empire, une véritable classe sociale, leur savoir et leurs postes se transmettant souvent de père en fils. Se mettant au service des puissants, des marchands ou des simples particuliers, ils étaient chargés de rédiger des textes, d’en lire, de comptabiliser les biens d’un propriétaire, ou encore de travailler pour l’administration des temples ou des palais. À l’époque, tout savant devait avoir suivi une formation de scribe ! Le scribe pouvait également se spécialiser pour devenir particulièrement qualifié dans un domaine précis.
Jouant donc le rôle de secrétaire privé ou public et, parfois, celui d’un haut fonctionnaire, ils étaient omniprésents. Leurs études étaient longues et onéreuses, ce qui explique que cet enseignement fût réservé à quelques privilégiés. Très polyvalent, le scribe égyptien apprenait à recopier les signes cunéiformes, des textes, des listes de vocabulaires bilingues, tout en acquérant des connaissances en grammaire, en comptabilité, en mathématiques, en droit, en histoire, en géographie, et en s’initiant à la lecture de textes classiques ainsi qu’à la rédaction de textes juridiques, administratifs et religieux.
Les plus érudits lisaient et écrivaient le sumérien (langue prestigieuse de la culture mésopotamienne), pratiquaient plusieurs langues et servaient de traducteurs.
Quant aux meilleurs, ils travaillaient directement pour le roi ou les autorités religieuses : portant le titre de « Chargé d’affaires du roi », « Scribe des documents royaux », « Directeur des scribes », « Scribe des rouleaux divins », « Directeur des scribes royaux » ou encore « Prêtre lecteur », certains scribes s’acquittaient de missions d’exception.
D’autres, enfin, ont rédigé des œuvres importantes. Hélas, leur nom demeure généralement méconnu.
Bref, du simple copiste au personnage contrôlant une partie de l’appareil politico-religieux, le scribe a rempli des fonctions fondamentales dans la société du Proche-Orient antique.