Qui sont vos principaux clients ?
Des entreprises, dont une société civile immobilière pour laquelle je rédige régulièrement des lettres de mise en commercialisation. Je conçois également des mailings pour une banque, j’imagine des textes Web pour un litier qui me laisse « carte blanche », ce qui m’a permis, par exemple, d’écrire une petite « saga » sur le lit dans les romans de Zola. D’autres PME/PMI ainsi que des agences de communication recourent ponctuellement à mes services afin de valoriser leurs produits ou leur plaquette « corporate ». Bien évidemment, j’ai de multiples clients particuliers : corrections de romans, discours et poèmes de circonstance, récits de vie, homélies funèbres, CV, lettres de motivation, courriers administratifs ou privés…
Qu’est-ce que qui vous motive dans votre profession ?
La diversité des demandes ! C’est passionnant de ne jamais s’ennuyer en écrivant des textes totalement différents, en s’adaptant aux souhaits de chacun, en faisant aussi des recherches qui m’enrichissent personnellement. Je pourrais ajouter que la langue française est si complexe (mais chacun le sait !) qu’elle mérite un traitement… de faveur ! J’essaie de tirer parti de ses infinies potentialités, de trouver le mot juste, la bonne ponctuation, la structure du texte la plus adéquate possible. En tant que formatrice en culture générale et expression, je mets donc à la disposition de tous mon savoir-faire, mon savoir-écouter… et une grande humilité face à des tonnes de culture dans lesquelles je pioche et j’apprends moi-même quotidiennement.
Qu’est-ce qui vous agace à propos des idées reçues sur les écrivains publics ?
Justement pas d’idée du tout ! « Ah ! ça existe un écrivain public ? » Eh oui ! Nous sommes si peu connus… C’est pourtant l’un des plus vieux métiers du monde.
Quel est l’intérêt d’être agréée par l’Académie des Écrivains Publics de France ?
Notre activité n’étant pas réglementée, n’importe qui peut s’installer en tant qu’écrivain public. L’agrément délivré par l’Académie, après un entretien avec un délégué et une série d’épreuves écrites, valide de réelles capacités rédactionnelles, un grand sens de la rigueur et des relations humaines. Pour les clients, cet agrément est la garantie d’avoir affaire à un professionnel compétent et expérimenté, qui saura s’adapter à la demande de chacun. De plus, tout écrivain public agréé par l’AEPF respectera scrupuleusement les règles déontologiques liées à notre métier, et en particulier celle du secret professionnel.
Avec quels outils travaillez-vous ?
Pour le vocabulaire, Le Robert de la langue française (le petit et le grand) ; pour la grammaire, Le Bon Usage de Grévisse. J’effectue également de nombreuses recherches sur Internet. En corrigeant un roman, j’ai par exemple déniché quelques sites fort bien renseignés sur le Moyen Âge : j’ai ainsi pu rectifier les propos de l’auteur à propos de l’ordre de l’Étoile qu’il confondait avec l’ordre de la Jarretière, et récrire les descriptions des costumes de cérémonie de l’époque. Il faut fouiner, avoir de la patience, être au plus près de la langue et de l’histoire !